L’aménagement des plages de la commune

La commune de Leucate se caractérise par un littoral exceptionnel : 17 km de plage avec une belle côte rocheuse intercalée entre Leucate Plage et La Franqui. Ce littoral fait partie du Parc Naturel Régional de la Narbonnaise en Méditerranée et il est classé en partie zone NATURA 2000. Certains secteurs de ce littoral sont protégés, telle la plage du Mouret qui est une Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) et une Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP). Enfin la mer devant le littoral de la commune fait partie du Parc Naturel Marin du Golfe du Lion.

les enjeux de demain

Les enjeux démographiques :

Comme la plus grande partie du littoral français, la pression démographique est importante et continuera à augmenter dans les prochaines années. En effet de plus en plus de français souhaitent vivre en « bord de mer », et particulièrement dans une région ensoleillée et préservée comme la nôtre ! Les conséquences de cet engouement sont la « sur fréquentation » de certains sites en été, comme on peut le voir à Leucate Plage, à la « plagette » ou sur le plateau de la falaise. Il est de la responsabilité de la Mairie tout d’abord de reconnaitre cette réalité, de la gérer et enfin d’anticiper des solutions (elles existent, nous le verrons plus loin).

Les enjeux climatiques :

Le changement climatique a de nombreuses conséquences, pour certaines déjà bien visibles sur notre commune :

  • Des périodes de canicules et de sécheresse de plus en plus fréquentes, entrainant un « stress hydrique » qui affecte déjà certaines cultures, notamment la vigne et les arbres fruitiers.
  • La montée des eaux : même si ce phénomène est plus difficile à apprécier à l’œil nu, les projections faites par des organismes spécialisés démontrent des risques de submersion marine de plus en plus importants. D’ailleurs la diminution de la largeur des plages a conduit à une observation scientifique de ce phénomène par un organisme spécialisé qui mesure régulièrement le trait de côte afin d’en surveiller l’évolution , notamment sur notre commune : www.obscat.fr

Un récent article du Monde (22 octobre 2021) a mis en évidence les risques encourus sur un littoral voisin, celui de la Catalogne espagnole :

« … En Espagne, la mer dévore le littoral catalan. Depuis 2017, sous la pression du changement climatique et de l’artificialisation des sols, les scientifiques ont observé une régression significative du littoral catalan espagnol. Ils alertent sur la nécessité urgente de « repenser la côte » et ses infrastructures… »

« …Pour l’heure, les citoyens sont bien conscients de la hausse des températures, des inondations, mais dès lors que l’on évoque la hausse du niveau de la mer, c’est évidemment plus difficile à imaginer. Globalement, pourtant, la Méditerranée augmente de 4 millimètres par an. Et d’ici à la fin du siècle, cette hausse pourrait être de l’ordre d’un mètre au total », alerte le directeur scientifique du Centre sur la résilience climatique, basé à Eurecat Amposta… »

Les enjeux économiques :

La pression démographique engendre indirectement une pression économique, car les infrastructures (commerces, habitations, services publics etc..) doivent s’adapter à cette « croissance ». Or les espaces pour la construction se raréfient et la croissance de certaines activités économiques met en danger l’équilibre environnemental.

Le choix des activités économiques sur une commune, et en particulier ses plages, est le reflet d’un « choix politique » de la Municipalité. L’encadrement de ces activités est essentiel pour limiter l’impact environnemental et veiller à préserver la tranquillité des riverains. Nous reviendrons sur ce sujet lorsque nous aborderons dans le détail le sujet des concessions de plage. A notre avis, c’est de la responsabilité de la Commune de veiller au type d’activités offertes sur nos plages, et de trouver un équilibre entre les activités de restauration (toujours bienvenues lorsqu’elles sont bien « encadrées » et qu’elles respectent les « règles ») et celles favorisant le développement sportif de nos jeunes, notamment à travers les Clubs Nautiques.

A ce sujet, si les concessions de plage sont devenus un réel « business » sur nos côtes (à Leucate, la Mairie a récemment cité le chiffre de 5 mios € et 171 employés saisonniers) , nous ne devons cependant pas perdre de vue l’impact environnemental et sociétal ainsi que le respect des riverains. Aujourd’hui ce que nous questionnons c’est le choix (tout au moins sur un secteur, celui de Leucate Plage et sans doute aussi à Port Leucate) du « tout restauration » au détriment des activités sportives liées à la Mer (club de voile, club nautique,..) qui devraient recevoir l’aide de la Commune pour se développer. Actuellement, elles se voient au contraire mettre en concurrence avec des activités de « bar- restauration » pouvant être plus rentables financièrement mais favorisant dans certaines situations, l’excès de consommation d’alcool et la sédentarisation des jeunes. Nous restons persuader d’ailleurs que ces activités sportives pourraient générer des emplois et un CA aussi important que celui des paillotes exclusivement liées à la restauration.

Les enjeux touristiques :

Quelles sont les attentes des touristes fréquentant nos plages ? A priori, nous ne connaissons pas d’enquête ayant été réalisée sur notre commune mais nous pouvons nous baser sur une étude réalisée sur ce sujet par la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) de l’Hérault, organisme dépendant de la Préfecture, qui nous apporte des éléments de réponses intéressants pour un littoral assez similaire.

Cette étude, intitulée « Quel avenir pour nos plages, demain ? », a été menée en Mai 2019.

Un article du journal montpelliérain « Métropolitain » du 28 juil 2019 (voir en annexe en bas de page) résume les résultats de cette consultation : « … la plage de demain du citoyen sera naturelle, la guerre aux déchets, aux pailles en plastique et aux mégots est déclarée, avec peu ou pas de services (hormis une demande forte pour des toilettes sèches et des poubelles), sans paillotes donc, sans nuisances sonores, sans chiens… et notamment, plus de propreté sur les plages, Un consensus pour favoriser l’accès aux plages, un consensus également pour protéger les plages naturelles et Un encadrement plus strict des paillotes… »

A ce sujet, Les récentes mesures annoncées par le préfet, qui ne veut plus de paillotes en mode boite de nuit… montrent que le cas des plages privées titille une partie des citoyens. Ces derniers demandent : L’obligation de respect de services économes (en eau par exemple) et écologiques ; De laisser une bande de sable plus large entre les transats et la mer, moins d’émergences construites en dur ; L’arrêt des privatisations à tout-va… 

A la question : Avez-vous déjà été gêné par des services ou activités sur les plages ? Ils sont 50% à répondre oui, et 42% non. Sont citées comme nuisances : le bruit, la musique trop forte, le jet-ski, les vendeurs, les chiens… Les plages privées sont aussi citées, mais très minoritairement.

Faut-il augmenter le nombre de paillotes ? 82% des votants répondent non… »

Il est donc intéressant de noter que la position adoptée par Leucate Citoyenne à ce sujet rencontre un large écho dans la population, et n’est pas la position d’un groupe minoritaire de Leucatois comme l’a écrit notre Maire !

De notre côté, nous avons des propositions d’activités qui pourraient être développées en coopération avec la Mairie, si celle-ci souhaitait nous écouter :

  • Un projet qui nous tient à cœur : la création au sein de ces concessions de véritables « activités liées à la mer » et notamment des « clubs nautiques ».

En effet, si Leucate a connu un fort développement des sports de glisse (kite, planche à voile, ..) et des « bateaux de croisière » (à travers le développement de Port Leucate) il y a eu une raréfaction des activités liées à la « voile légère » (dériveur, petit catamaran, ..) qui occupaient autrefois une place importante sur notre commune et en particulier, l’été, sur nos plages. Certains pourraient dire que cette activité n’est plus « dans le vent » (sans jeu de mot…), mais en regardant l’exemple d’autres communes (notamment à Argelès sur Mer), nous voyons que ce n’est pas le cas, et qu’il y a de la place pour les « sports de glisse » dits « modernes » et des activités de « voile légère », plus traditionnelles. Cet apprentissage du monde marin (celui de la mer et pas seulement celui de l’étang où aujourd’hui sont concentrées les quelques activités existantes) ) est important pour nos jeunes, car il leur permet de découvrir un autre « univers ».

Une de nos propositions est la création sur la plage de Leucate Plage (mais sans doute reproduisible aussi à Port Leucate, sachant qu’à la Franqui un club de voile existe déjà), d’un véritable Club Nautique, pour promouvoir la pratique de la voile et d’autres activités liées à la Mer : dériveurs légers, petits catamarans, paddle, kayak de mer, planche à voile, et même pédalos, pour tous les niveaux et tous les âges, et sous toute ses formes : enseignement, location, et gardiennage.

Aujourd’hui, le projet de la Mairie aboutirait à avoir 8 « concessions de plage » entre les secteurs du Grau et du Briganti, toutes dédiées à la restauration, sauf deux : « le Club Dauphin » (proposant des activités uniquement pour les enfants) et la concession pour le kite surf près du Grau (d’une taille très limitée et pour une activité très spécialisée).

C’est à dire qu’une famille passant ses vacances à Leucate Plage ne se voit offrir aucune activité sportive liée à la mer dans ces concessions de plage…!.. L’offre actuelle favorise au contraire la consommation d’alcool et la sédentarisation des jeunes (manque d’activité sportive), ce qui est reconnu par la plupart des spécialistes comme un des problèmes majeurs de notre jeunesse ! Voir l’Article paru dans la revue « Sport et Tourisme » : https://www.sport-et-tourisme.fr/ « ….L’augmentation de la sédentarité et la baisse d’activité physique des jeunes sont une véritable bombe à retardement  qui risque d’avoir des conséquences dramatiques pour notre système de santé, notre économie… et générer de plus en plus de situations de mal-être et d’anxiété… »

  • Une autre proposition liée à l’activité ci-dessus, est de trouver un meilleur équilibre entre les activités nautiques « motorisées » (jet ski, bateaux à moteurs,  ..) et les activités «non motorisées » (voiliers, PAV, paddle, kayaks de mer, pédalos,..) .

 En effet, il faut créer un espace en mer permettant aux différentes activités nautiques de se développer tout en respectant les caractéristiques de chacune. Par exemple, le nombre de Jet Skis a fortement augmenté, créant une véritable « autoroute » de la Mer au large de nos plages, dans lequel un dériveur, un paddle ou une planche à voile peut avoir des difficultés à circuler (vitesse, vagues créées par l’engin motorisé ,..) Certaines communes ont adopté par exemple des règles pour diminuer la pollution sonore des jet skis et les limiter sur un circuit situé à l’écart des plages, autour d’un parcours signalé par des bouées au large.

  • Enfin, une meilleure promotion des fonds marins devant la « Côte Rocheuse » leucatoise (de la Plagette à La Franqui) serait aussi une idée à étudier, par exemple, par la création d’un Parc Marin à cet endroit.

La commune pourrait s’inspirer d’expériences comme celles des Iles Mèdes en Espagne (près de la ville d’Estartit, au Sud du Golfe de Rosas), sur les Iles de Porquerolles, ou le Parc Marin de Banyuls, qui ont développé des « parc marins » dans lesquels on voit revivre une biodiversité marine qui avait disparu : des mérous, des bars, des loups, visibles avec seulement un masque et un tuba, sur des parcours fléchés ou en plongée avec bouteille. Nous sommes conscients que la Commune n’est pas « décisionnaire » sur ce sujet mais elle a un rôle de « catalyseur » et de promotion, qui enrichirait notre attractivité touristique en mettant plus en valeur nos fonds marins.

Projet de concessions de plage : de quoi parle t-on ?

Ce sujet a créé beaucoup de polémique cet été. Nous rappellerons d’abord quelques notions « juridiques » et le « cadre » dans lequel s’insère ce projet :

  • Le DPM (Domaine Public Maritime) :

En France le littoral maritime (essentiellement les « plages » pour notre commune) appartient à l’État, c’est-à-dire à nous, les citoyens, c’est la règle de base et sa vocation est d’être un espace de liberté pour tous.

A Leucate, il y avait une situation particulière, puisque la plage de Leucate Plage ne dépendait pas du DPM mais qu’elle était un domaine communal, en se basant sur des documents datant .. du Moyen Age ? Nous n’avons jamais pu éclaircir réellement ce sujet… mais l’État a voulu « récupérer » cette plage et l’insérer dans le cadre du DPM. Après des années de discussion avec la Mairie, celle-ci a finalement accepté, et dorénavant la Plage de Leucate deviendra une plage faisant partie intégrante du DPM (sans doute à partir de 2022).

Sur ce DPM, des règles précises existent qui encadrent la création d’activités privées (en général, les « concessions de plage ») ou publiques (port, poste de secours, etc..) :

  • la Loi littoral du 3 janvier 1986 pour l’aménagement et la protection et la mise en valeur du littoral qui concerne toutes les communes du littoral français.
  • le Décret Plage de 2006 qui a voulu définir un cadre juridique plus précis, en fixant les conditions d’installation des « concessions de plage » et les procédures à suivre en réglementant l’équilibre entre protection du littoral et offre de loisirs. Il poursuit deux objectifs principaux : la libération progressive du domaine public maritime et la possibilité d’un libre accès à la plage. Il vise aussi à responsabiliser les maires dans l’aménagement de leurs plages et à organiser la transparence dans l’attribution des lots aux exploitants d’établissements. 
  • le CGPPP (Code Générale de Propriétés des Personnes Publiques) est utilisé par les services de l’État comme cadre « juridique ».

Il est bon de rappeler ici l’esprit du Décret Plage de 2006 :

 « …L’État peut accorder sur le domaine public maritime des concessions ayant pour objet l’aménagement, l’exploitation et l’entretien de plages. Le concessionnaire est autorisé à occuper une partie de l’espace concédé, pour y installer et exploiter des activités destinées à répondre aux besoins du service public balnéaire. Ces activités doivent avoir un rapport direct avec l’exploitation de la plage et être compatibles avec le maintien de l’usage libre et gratuit des plages, les impératifs de préservation des sites et paysages du littoral et des ressources biologiques ainsi qu’avec la vocation des espaces terrestres avoisinants.

Nous mentionnerons à ce sujet, un rapport intéressant (N° 005860-01 N° 09-004-01 de Janvier 2009), réalisé par la CGEDD (Conseil général de l’environnement et du développement durable), organisme dépendant du Ministère de la Transition Écologique. Rappelons que notre Maire a été nommé Inspecteur Général de l’Administration dans cet organisme d’État, et doit donc en connaitre le contenu ? Même si ce ne sont que des « recommandations », les commentaires de ce rapport sont intéressants à analyser, car cela montre la position de l’État à ce sujet.

Ce rapport intitulé « LES DIFFICULTÉS D’APPLICATION DU DÉCRET RELATIF AUX CONCESSIONS DE PLAGE » relève en effet des difficultés d’application du Décret Plage pour certaines concessions (en général sur la côte atlantique ou la côte d’Azur) et il conclue par plusieurs évaluations et recommandations que nous rappelons ci-dessous :

« ….Les plages accueillent des activités ….qui entretiennent un lien distendu avec les nécessités du service public balnéaire Le décret de 2006 stipule que les concessionnaires sont autorisés à exploiter « des activités destinées à répondre aux besoins du service public balnéaire » et que « ces activités doivent avoir un rapport direct avec l’exploitation de la plage « . Si certaines installations entretiennent un rapport direct avec le service public balnéaire (cabines, location de parasols/matelas) ou présentent un lien étroit avec la proximité des flots (clubs de voile, piscines d’eau de mer), d’autres offrent un service complémentaire aux bains de mer (buvettes et restauration légère) ou complètent l’offre de loisirs à destination principalement des enfants et adolescents (club Mickey, beach volley).

On peut néanmoins s’interroger, au regard des besoins du service public balnéaire, sur la pertinence de la présence sur les plages, souvent « en dur », de restaurants gastronomiques et d’équipements insolites tels que boîte de nuit, cave à vin, tabac, pâtisserie/confiserie/ salon de thé, court de tennis, mini-golf et casino », … »

Autre article intéressant contenu dans ce rapport (page 20) :

« ….La présence sur les plages de restaurants…crée des distorsions de concurrence qui ne sont pas pris en compte par les concessionnaires.  La pérennité des établissements de restauration prestigieux qui jouissent du privilège d’être « les pieds dans l’eau » pose un réel problème de concurrence vis-à-vis des restaurants installés sur le boulevard de front de mer. En effet, ces derniers remplissent toutes les obligations liées à l’exploitation d’une activité commerciale classique et non d’une participation à une DSP. Cependant, une partie de leur clientèle potentielle est captée par des établissements qui ont obtenu le privilège de s’installer près des flots et qui présentent donc un attrait plus fort pour le chaland alors que les contraintes ne sont pas les mêmes. Le décret de 2006 précise que « les installations autorisées sont déterminées en fonction du niveau des services offerts dans le proche environnement », ce qui devrait en toute logique interdire cette concurrence directe. En effet, si on peut concevoir aisément qu’il n’est pas possible de proposer à la location des matelas, des parasols ou des planches à voile ailleurs que sur les plages, les besoins en restauration, particulièrement dans les zones urbanisées, sont souvent satisfaits par l’environnement proche du front de mer.. »

Autre texte (page 29) :

« …Enfin, il est essentiel que les projets d’exploitation s’attachent à laisser les plages libres d’accès et d’usage le long du littoral, y compris lorsque les plages sont étroites, et que les services concernés contrôlent régulièrement le respect des dispositions arrêtées. A défaut, c’est tout l’esprit de la loi Littoral qui est détourné. A ce titre, la mission considère que les panneaux « plages privées », encore courants en Méditerranée, s’apparentent à une publicité mensongère et souhaite que ces écriteaux soient interdits sur le DPM, patrimoine public par nature… »

  • La Préfecture : service de l’État chargés de l’Application du Décret Plage :

Le service de l’État en charge de la mise en œuvre de la procédure est la DDTM Direction Départementale des Territoires et de la Mer, service dépendant de la Préfecture qui étudie les demandes de concessions de la commune, et donne son agrément (la décision finale est cependant prise par le Préfet lui-même).

Il est intéressant donc de noter, que certaines Préfectures et notamment celle de l’Hérault, ont été pionnières dans la régularisation des concessions de plage, notamment celles entrainant des troubles du voisinage ou s’éloignant trop de l’esprit du Décret Plage que nous mentionnions ci-dessus. A titre d’exemple cette récente déclaration (17 juin 2021, voir https://www.herault-tribune.com/articles/littoral-menace-sur-les-concessions-de-plages-privees/ ) par Emmanuelle Darmon, secrétaire générale adjointe à la Préfecture de l’Hérault au sujet des projets de renouvellement des concessions de plage :

« …Nous négocions commune par commune, pour identifier des emplacements, mais sans faire concurrence aux restaurants déjà existants. Nous défendons le droit, pour chacun, de disposer d’une plage libre d’accès et naturelle, sans avoir des concessions tous les 300 mètres. Nous devons préserver un espace naturalisé, voire re-naturalisé. Il en va aussi de la préservation des côtes. Pas question de faire de la plage un terrain de jeu économique et privatisé, même si un équilibre est à trouver avec les enjeux d’attractivité. Précisons que la restauration n’était pas prévue initialement dans les plages privées. Il y a eu, ces dernières années, une déviance vers l’organisation de soirées, s’apparentant parfois à des boîtes de nuit, non autorisées sur les plages. »

Cette déclaration résume en grande partie notre propre position, et ne vient pas d’un groupe « minoritaire » comme essaie de le faire croire notre Maire, qui a adopté malheureusement une stratégie de « confrontation » sur ce sujet, et tente de nous isoler dans un but purement politique alors que les services de l’État ont exprimé des positions claires à ce sujet et qui rejoignent les nôtres !

Pourquoi Leucate Citoyenne s’est opposée à ce projet ?

Nous rappellerons ici brièvement notre position, basée sur les déclarations déjà faite au Conseil Municipal du 27 Mars 2021 par Mme MF Barthet :

  • Nous ne sommes pas opposés aux concessions de plage, mais nous demandons que la loi soit respectée, c’est-à-dire le Décret Plage et le CGPPP, et qu’il n’existe pas de dérogations notamment pour :
    • le type d’activités qui s’appliquent à ces concessions,
    • pour les limites d’accès à la plage devant la concession de 20 mètres minimum,
    • et pour la distance minimum entre concessions de 300 mètres minimum 

A ce sujet, deux exemples pour notre commune (basée sur le projet présenté au CM du 27 Mars 2021 :

  • A Port Leucate : les lots 1 à 5 sont positionnés sur un linéaire de 750 mètres environ, avec des distances entre chaque lot parfois inférieur à 50 mètres, on est bien loin des instructions réglementaires !
  • A Leucate Plage, un record est battu : trois concessions sur… 160 mètres de linéaire et en plein Front de Mer, dans une zone fortement urbanisée !

Et à Leucate Plage pour trouver de la place pour Ginette (qui passe de 672 m2 à 800 m2 dans le nouveau projet), le Maire déplace la seule concession réellement « historique » et appréciée de tous (le Club Dauphin), devant les maisons de riverains, comme par hasard, celle d’un adhèrent de notre association (voir « étoile verte » sur le Plan) qui s’est fortement opposé à ce projet et qui a vu les fameux panneaux d’information de la Mairie » installés devant les fenêtres de sa maison cet été, comme le témoigne cette photo prise depuis son balcon !

Par ailleurs, nous souhaitons aussi que les nuisances créées par certaines de ces concessions soient analysées en collaboration avec les riverains, et les personnes fréquentant la plage : interdire notamment les nuisances sonores, même en journée (musique sur la plage), les nuisances olfactives (grillades de poisson et de viandes) et les nuisances visuelles (spot lumineux) .

Afin d’alerter la population, une association de riverains Leucatoise, l’APPFL (rejointe plus tard par une association de riverains de La Franqui) a lancé deux pétitions : une sur Internet, qui a recueilli en quelques jours plus de 32 000 signatures et une sur papier à Leucate Plage même, qui a recueilli presque 600 signatures ;

  • Aspect Environnemental des Concessions de Plage :

Nous ferons référence là encore au rapport de la CGEDD mentionné précédemment, mais aussi au texte de la ZNIEEF dont nous avons parlé précédemment :

Rapport CGEDD – Annexe 4 : L’impact des occupations de plage sur le fonctionnement écologique et hydro sédimentaire des plages, en conclusion :

 « ….. L’absence d’études scientifiques sur les dommages écologiques ….ne doit pas conduire à conclure que ces espaces peuvent être occupés en toute inoffensivité. En effet, il n’est nul besoin d’être un scientifique pour remarquer que l’érosion des plages est intensifiée au droit des établissements de plage et que le nettoyage régulier du sable aboutit à une « aseptisation » du milieu qui ne peut dès lors plus abriter ni faune ni flore… ».

ZNIEFF de la plage du Mourethttps://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/910030052 

« ……La conservation de ce dernier reliquat d’espace naturel passe par la gestion de la fréquentation humaine. Une meilleure application de la réglementation déjà existante concernant la circulation des véhicules à moteur semble nécessaire. Enfin, il est impératif de cesser l’urbanisation et l’artificialisation de ce lido, y compris par des structures légères et démontables. … »

  • Réponse de la Mairie à nos pétitions (une sur Internet et le site change.org, et l’autre sous forme « papier » avec signature recueillis directement sur la plage) :

Face à la polémique déclenchée par ce projet et les pétitions lancées sur Leucate Plage, le Maire, au lieu de se rapprocher des associations (qui n’ont jamais été consultées en amont) a préféré répondre en envoyant deux avions dans le ciel leucatois et en affichant des « panneaux » soi-disant d’information sur le Bord de Mer de Leucate Plage.

Ces panneaux montés le 5 août en présence de la Police Municipale (sans doute par crainte de la réaction des riverains ?) seront démontés le 12 aout à…4 :00 du matin, suite à l’annonce de la visite de FR3 Occitanie pour faire un reportage à ce sujet :

  • Les cas particuliers : la Plage de Leucate (Ginette), la Plage du Mouret et la Plagette

Il est donc clair que nous sommes favorables aux concessions de plage et que nous l’avons toujours été, quoique puisse en dire notre Maire (il suffit de reprendre nos déclarations officielles à ce sujet depuis le Conseil Municpal de Mars 2021, dont le Compte Rendu est accessible à tous sur notre Blog.

Les concessions de plage peuvent apporter, lorsqu’elles remplissent le rôle que la loi leur a donné, une réelle attractivité touristique et avoir un rôle de développement économique important. A Leucate malheureusement, il y a un choix assumé de la Mairie du « tout Bar Restauration » pour ces concessions, et nous considérons qu’il faut un « rééquilibrage » entre les activités de restauration / bar, et les activités sportives liées à la Mer.

Trois sujets particuliers sont à relever :

  • Le cas du « Bar Restaurant Ginette » à Leucate Plage :

Tous les Leucatois fréquentant la plage cet été pu constater les nombreuses nuisances sonores, olfactives et visuelles depuis que Ginette s’est installée à l’Eté 2017. Nous avons aussi relevé de nombreuses infractions, malheureusement non sanctionnées par La Mairie (qui a le « pouvoir de police », rappelons-le !) et qui au contraire favorise l’extension de ce « lot de plage » dans le nouveau projet.

Sur la photo aérienne ci-dessous on aperçoit la proximité de Ginette avec les nombreuses constructions du Front de Mer, certaines situés à moins de 50 mètres … A noter aussi le « terrain de boule » (illégal)à même la plage, et hors « Permis de construire » (ceci a été rectifié seulement à l’été 2021..)!

Cette concession, installée sur le front de mer de Leucate Plage, a été autorisée par la Mairie à travers une « CONVENTION D’AUTORISATION D’OCCUPATION SUPERFICIELLE DU SOL DE LA VOIE PUBLIQUE », …..qui autorise le « Restaurant Ginette ….à occuper le sol de la voie publique par une terrasse sur la superficie devant son commerce » . C’est-à-dire comme « terrasse » d’un restaurant… qui n’a par ailleurs jamais fonctionné !…

  • Pour rappel, la publicité de cette paillotte, mentionne bien « Plage Privée » 
  • Cette « terrasse » est située donc directement sur la Plage, en secteur Ns au PLU, c’est-à-dire dans une zone théoriquement inconstructible : Les secteurs Ns correspondent à « … des espaces naturels présentant le caractère d’une coupure d’urbanisation au sens de l’article L146-2 du Code de l’Urbanisme ou des espaces et milieux à protéger au sens de l’article L 146-6 du Code de l’Urbanisme…

Le PLU mentionne aussi pour les zones Ns qu’elles doivent faire faire l’objet d’une enquête publique dans les cas prévus par les articles R 123-1 et R 123-33 du code de l’environnement (aucune enquête n’a été réalisée !) ….Justifier d’une nécessité technique pour être implantés à proximité immédiate de l’eau. ( ????)

  • Par ailleurs, la concession ne respecte par l’art. 11 de la convention citée ci-dessus, qui stipule « .. la musique diffusée ne devra pas être audible à l’extérieur de la structure et ne devra pas occasionner de gêne ni pour le voisinage ni pour les tiers.. » alors que toute personne ayant fréquenté la plage en été s’est rendu compte que la musique est souvent « tonitruante » et que les nombreux appels téléphoniques à la Police Municipale depuis 4 ans en sont la preuve (si celle-ci voulait bien témoigner !..) et nous avons des vidéos à ce sujet pour ceux qui en douteraient !
  • Autre infraction, l’établissement ne dispose pas d’EINS (Etude d’Impact des Nuisances sonores) ni de LPA (Limitateur de Pression acoustique) pourtant obligatoires pour ce type d’activité.
  • Ginette ne respecte pas non plus l’Arrêté Préfectoral de l’Aude N° CAB-SSI-2020-016 du 17 février 2020 portant définition de la zone de protection pour l’implantation des débits de boisson  : A l’article 1 de cet arrêté, il est défini un périmètre de 50 mètres – pour les communes de la taille de celle de Leucate – pour les établissements de loisirs de la Jeunesse, or il existe un Club de Plage pour enfants (« Club Dauphin ») , à moins de 30 mètres de l’établissement, pour rappel dans le cadre des concessions de plage il est recommandé que la distance minimale entre concession soit de 300 mètres !…

Quel bel exemple pour nos jeunes !! Nous en profitons pour saluer les moniteurs de cette concession qui ont su historiquement enrichir par leurs activités notre plage dans un contexte pourtant de plus en plus difficile depuis l’arrivée de Ginette à quelques mètres de leur installation…

Nous avons relevé d’autres illégalités, plus « techniques » mais nous ne souhaitons pas nous étendre sur ce sujet, les quelques exemples ci-dessus montrent le parti pris et le laisser faire de la Mairie.

Pour illustrer ce sujet, une vidéo a été réalisée et présentée à Mr Le Maire. Comme le Maire dans la dernière Gazette Municipal Cap Leucate mentionne, que la Police Municipale n’a jamais relevé le moindre problème de nuisances sonores, nous pensons que la PM ne devait pas se trouver disponible ce jour-là ? Plusieurs riverains l’ayant appelé pour constater le problème…  

  • Les concessions sur la plage du Mouret :

Nous rappelons tout d’abord notre soutien aux trois concessions historiques situées sur cette plage : « Le Poulpe », « Les Pilotis » et « Biquet ». Ces concessions, bien que situées dans une zone « protégée », sont éloignées des riverains, ne causent pas de nuisances et essaient dans l’ensemble de respecter la réglementation en vigueur.

Nous demandons seulement que soit respecté le nouveau SCOT du Grand Narbonne, qui a été approuvé le 28 Février 2021 et qui « sanctuarise » en quelque sorte cette plage, en autorisant les trois concessions existantes, mais en interdisant qu’elles s’agrandissent ou que se créent de nouvelles concessions sur cette plage.

Extrait de la Délibération de la communauté d’agglomération :

« …la réintégration de la bande de sable meuble du Mouret …….dans les espaces remarquables présumés, à préciser par les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU)…  L’exploitation des lots de plages (concessions) situés en espaces remarquables pourra être maintenue sans augmentation de leur nombre et de la surface globale actuelle et en conservant les types d’activités existants »

Nous sommes favorables cependant à la création du Club de Kite Surf, qui rejoint nos propres préoccupations (le développement de plus d’activités nautiques), mais nous sommes plus réticents sur la paillotte du Galion, située à proximité des premières maisons de Leucate Plage, d’un Camping et d’un Restaurant « historique » (Le Galion) à laquelle elle ferait concurrence. A moins que cette concession soit dédiée à un véritable Club Nautique comme nous l’avons suggéré plus haut.

  • Cas de la Plagette :

Sur ce sujet, qui a déclenché un mouvement populaire d’une rare ampleur, il faut encore rappeler les faits (vous trouverez en lien le texte complet du « Résumé de la demande d’attribution » approuvé au Conseil Municipal du 27 Mars 2021) :  

  • Dans son projet initial (et le seul dont nous avons eu communication à ce jour), la Mairie fait une description assez imprécise et en se contredisant sur les surfaces de la concession :  une surface de 150 m2 (dans le texte) ou 200 m2 (sur le plan).. ce qui n’est pas très clair…  Dans les panneaux d’information mentionnés ci-dessus, le Maire parlera de 15 M2 : encore une erreur ?
  • L’activité décrite dans ce document officiel est : «  ….L’intégration de la plagette permettra de mettre en œuvre une stratégie de gestion de ce site sensible et de régulation de sa fréquentation.. » mais plus loin il est indiqué :  « .. activité de plage, activités sportives, location de matériel, club enfant…. » ce qui correspond à la description trop générale utilisée pour toutes les concessions (seul le terme de « ..restauration accessoire… » a été supprimé)
  • La réaction que nous avons eue est basée sur une description peu claire de l’activité de cette concession. Par ailleurs, la population locale se rappelle que des descriptions similaires ont été utilisées pour l’aménagement d’un point d’information sur la faune et la flore, en dessous du « Restaurant Cap Leucate » sur la falaise, et que cela s’est terminé par l’installation d’une Brasserie au même endroit, d’où une certaine suspicion de la population vis-à-vis de ce projet. Lors d’une réunion de quartier, fin 2018, le maire nous avait annoncé qu’un centre d’information, offrant une « restauration légère » allait être ouvert à l’été 2019, sous le restaurant du Grand Cap. Il a même précisé que des toilettes, gérées par ce centre seraient accessibles aux promeneurs.

En ce qui concerne la situation à ce jour, et selon nos informations et nos échanges avec la Préfecture de l’Aude : le dossier est entre les mains de la DDTM de l’Aude pour son étude. Une enquête publique sera réalisée, (ceci nous a été confirmé par écrit par Mr Le Préfet) et aura lieu, peut être durant l’Hiver.

Bien entendu nous vous aviserons dès que cette enquête publique sera lancée, et nous comptons sur votre participation pour faire connaitre votre opinion sur ce sujet.

Pour conclure cet article, nous pouvons dire que ce sujet soulève des questions qui touchent directement le manque de rigueur de notre Mairie dans la gestion des concessions, en basant uniquement son approche sur des notions d’attractivités touristiques (battues en brèche entre autres par le Préfet de l’Hérault, voir article ci-dessous de Hérault Tribune du 19 juillet 2019 

« ….Les arguments des emplois et de l’attractivité touristique balayés par le Préfet. Les professionnels du secteur estiment que l’application stricte de la règle va mettre 250 personnes au chômage. Ils affirment également qu’ils répondent à une demande du public en organisation des soirées festives qui assurent une certaine attractivité touristique. Lors de la conférence de presse, le Préfet a balayé ces deux arguments.  Bon nombre d’emplois reste à pourvoir dans la restauration, la demande est énorme dans ce secteur. Concernant l’attractivité touristique, le Préfet de l’Hérault considère que le territoire comporte bien d’autres atouts que les soirées festives des paillotes pour tirer son épingle du jeu dans le secteur du tourisme de plus en plus concurrentiel… »

Nous avons ainsi essayé de démontrer tout au long de cet article que les arguments du Maire à notre encontre ne tiennent pas la route mais relève plutôt d’une démarche essentiellement « politicienne » pour nous réduire dans un espace politique (extrême gauche) qui n’est pas représentatif de la diversité de notre association et éviter ainsi le débat sur les idées :

  • Non, Leucate Plage n’appartient pas à quelques « …résidents ouvrant quelques semaines en été les fenêtres de leurs résidences très secondaires .. » mais la commune de Leucate c’est aussi ces résidents « secondaires » (plus de 13 000 sur notre commune) qui, s’ils ne votent pas tous à Leucate, y paient une partie de leurs impôts, dont la Taxe Foncière, qui font vivre en partie la commune.
  • Oui, il y a une densification et une augmentation des lots de plage sur certains secteurs en particulier. Les exemples ci-dessus l’ont bien prouvé.
  • Non, nous ne sommes pas minoritaires, et nous ne sommes pas (termes employés e notre Maire) « ..des opposants d’extrême gauche, écologiste de rencontre,- avec pour seule et unique préoccupation environnementale de conserver leur place de parking ».. Comment un Maire peut-il nous réduire à cette « description » quand des centaines de citoyens ont signé notre pétition et, comme nous l’avons démontré ci-dessus, les services de l’Etat ont développé une approche très similaire à la nôtre ?
  • Oui, il y a un problème de nuisances sonores à proximité de certains établissements de plage, et il est honteux de voir le Maire écrire dans la dernière Gazette Municipal Cap Leucate « .. quant aux autres nuisances toutes les visites in situ, tous les contrôles notamment sonores des forces de l’ordre l’ont démenties.. » Nous avons le témoignage de nombreux riverains ayant appelé au contraire la Police et nous avons aussi des enregistrements audios que nous mettons à la disposition du Maire !

Liste des annexes :

Résumé de la demande d’attribution approuvée lors du Conseil Municipal du Mars 2021

Rapport de la CGEDD sur les LES DIFFICULTES D’APPLICATION DU DECRET RELATIF AUX CONCESSIONS DE PLAGE, réalisé en 2009 (organisme dont notre Maire fait partie !..)

Ma Plage Demain – PowerPoint du résumé de l’enquête de la DDTM Hérault de 2019